lundi 3 mars 2008

Appendice : la Namibie en Bref


Un peu d’histoire…


La Namibie, située au nord-ouest de l’Afrique du Sud, est le dernier pays d’Afrique à avoir accédé à l’indépendance.


A l’origine, le territoire namibien était peuplé de Bushmen et de Khoi-Khois ou Namas, arrivés du Botswana, et de Damaras venus du Soudan. D’autres tribus originaires d’Afrique centrale sont venues s’installer dans le nord du pays.



Au 18è siècle, les colonies représentaient de nouveaux débouchés pour l’Europe déchirée par les guerres. Le gouvernement hollandais, qui détenait la colonie du Cap, revendiqua les territoires du sud-ouest de la Namibie. Les Britanniques ont à leur tour annexé le Cap et déployé leur drapeau sur tout le littoral namibien.



Un siècle plus tard, Adolf Lüderitz, négociant de Brême, demanda à son gouvernement une protection militaire pour défendre les territoires qu’il avait achetés à un chef Nama. En 1884, toute la Namibie était officiellement placée sous protectorat allemand. Les richesses de cette région aride acquise se cachaient dans les profondeurs du sol. On découvrit en effet 25 ans plus tard les gisements diamantifères du désert du Namib.



De nombreux chefs indigènes unirent leurs forces pour protester contre les restrictions imposées et contre les appropriations de leurs terres par des pionniers. Les Hereros, en particulier, se soulevèrent mais durent battre en retraite devant les divisions allemandes.



Le début du 20è siècle fut néanmoins marqué par un essor économique grâce au développement des mines de diamants, du cuivre, zinc et plomb et grâce aussi à l’élevage.


Le début de la 1ère guerre mondiale marqua la fin de l’ère coloniale allemande. Les Sud-Africains attaquèrent les troupes allemandes qui capitulèrent en 1915. L’Afrique du Sud obtint de la Société des Nations qu’un mandat lui fût confié pour administrer le territoire.



Durant son mandat, l’Afrique du Sud imposa en Namibie une politique de ségrégation raciale et poursuivit la colonisation afin de développer la population Afrikaner-Boer en lui attribuant 6 millions d’hectares.



Dans les années qui suivirent la 2è guerre mondiale, l’Assemblée générale des Nations Unies et le conseil de sécurité contestèrent à maintes reprises la politique de l’Afrique du Sud qui considérait la Namibie comme sa 5è province.



En septembre 1975, s’ouvrit à Windhoek, la capitale de la Namibie, la conférence de la Turnhalle qui devait élaborer une constitution pour une Namibie indépendante. La 1ère version de cette constitution fut dévoilée 18 mois plus tard : elle confortait l’apartheid sous l’influence de l’Afrique du Sud.



Les Nations Unies firent pression pour obtenir l’annulation de la conférence de Turnhalle et prirent la résolution 435 qui apportait une base juridique à la préparation de l’indépendance. Dans le même temps, naquit le 1er parti politique indigène, l’Organisation du Peuple Sud-Ouest Africain (SWAPO) qui décida d’arracher l’indépendance par les armes. Il fallut encore attendre 11 ans avant que la résolution 435 du Conseil de Sécurité fût appliquée sous l’influence principale de 5 pays occidentaux : L’Allemagne fédérale, le Canada, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.



Les premières élections libres furent organisées en 1989 ; la SWAPO obtint la majorité absolue avec 57 % des voix alors que l’Alliance démocratique de la Turnhalle avec 28 % des voix devenait la 2è force politique du pays.



La nouvelle constitution de la Namibie fut adoptée à l’unanimité le 9 février 1990 reprenant les grands principes des démocraties : séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire la mise en place d’un Parlement élu pour 5 ans et un système de gouvernement local et régional fort. Ce fut la naissance d’une ère nouvelle.



Quelques données…


La population de la Namibie comprend environ 1, 9 millions d’habitants établis sur 825 000 km2. La population namibienne d’origine européenne s’élève à 74 000 personnes soit 4 % de la population totale du pays. Les namibiens d’origine africaine sont composés de douze ethnies et vingt groupes linguistiques.



La langue officielle de la nouvelle république de Namibie est l’anglais, pour des raisons économiques mais n’est de loin pas la langue la plus parlée dans ce pays. Outre l’afrikaan, langue maternelle de nombreux namibiens, le dialecte ovambo est le plus utilisé.



90 % de la population a adopté la religion chrétienne sous l’influence des missionnaires arrivés depuis le début du 19è siècle. Mais il serait erroné de croire que l’ensemble des indigènes a renié ses religions. Nombre d’entre eux ont conservé leurs coutumes et leurs croyances ancestrales.



Deux types d’agriculture sont pratiqués : D’une part, l’agriculture commerciale, dans plus de 12 000 fermes, emploie 70 000 personnes ; d’autre part, l’agriculture communale qui fait vivre près d’1 million de Namibiens. L’agriculture est liée au problème de la rareté de l’eau. Dans le nord et l’est du pays, les fermiers noirs pratiquent un élevage (vaches, moutons et chèvres) et une agriculture de subsistance (millet et mais). Dans les régions du centre et du sud, en particulier celles situées près du fleuve Orange, les systèmes d’irrigation permettent de produire du millet, du coton et des légumes à échelle commerciale.



L’industrie minière constitue le principal secteur de l’économie et le plus important réservoir d’emplois dans le secteur privé. Le diamant est d’excellente qualité et chaque année, la Namibie extrait environ 1,5 millions de carats. A noter que le territoire des gisements diamantifères est interdit au public



Reste que la Namibie est toujours très dépendante de l’Afrique du Sud qui lui fournit tous les produits nécessaires à la vie courante, dont les produits alimentaires mais aussi les produits industriels. Il nous a été expliqué que les initiatives prises par des entrepreneurs namibiens étaient loin d’être encouragées mais plutôt combattues par l’Afrique du Sud afin de se conserver un marché intéressant pour elle.



Enfin le tourisme connaît un essor grandissant grâce aux 300 jours d’ensoleillement, aux paysages splendides et à la diversité de sa faune. On se posera la question de savoir s’il faut réellement s’en réjouir.

Feuille de Mopan-tree: elle a la même forme que la trace laissée par le pas d'un oryx




Renée Metzger – Décembre 2007

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