Bilan du voyage
Fernand et moi avons beaucoup discuté au retour pour faire le bilan de ce périple.
- Fernand a été plutôt étonné et satisfait de ma capacité de supporter un tel voyage et de m’adapter à ces conditions de vie particulières. D’ailleurs, j’en ai été la première étonnée. Je pense en fait que l’état d’esprit dans lequel on est ou dans lequel on se place conditionne la réussite d’un tel projet. J’avais décidé de positiver les choses, en faisant fi des petits problèmes qui pourraient surgir. Et bien, ça a marché et j’ai ainsi pu pleinement profiter de chaque instant.
- Nous avons fait le choix, surtout sous mon impulsion – l’aventure, d’accord mais n’oublions pas que je suis courageuse, mais pas téméraire- de prendre un guide pour la durée du voyage. L’option était certes coûteuse, mais nous ne l’avons jamais regrettée. Sans Jan, nous n’aurions sûrement pas rencontré les Bushmen et les Himbas, tout simplement parce que notre documentation ne nous indiquait pas cette possibilité. L’autre tour opérateur namibien, contacté également au début de l’année, nous branchait sur des circuits proposés à tous et sans particularité allant même jusqu’à nous dissuader de prendre des « chemins de traverse ».
En imaginant que nous ayons été informés, jamais nous ne les aurions trouvés. Nous avons fait des centaines de kilomètres sans rencontrer âmes qui vivent, Les indications sur les routes et les pistes ne nous auraient pas permis d’atteindre nos objectifs et pas question de demander sa route à quelqu’un dans un pays demi-désert.
D’autre part, Jan nous a fait bénéficier d’un nombre incalculable d’informations sur tout :la faune, les traditions, la vie économique et sociale du pays . Pas une question n’est restée sans réponse et j’ai vraiment la conviction qu’il m’a permis de mieux connaitre la Namibie et de pouvoir bien étayer mon récit.
Je dois dire pour être honnête que nous avons rencontré des couples et même des familles avec des jeunes enfants qui voyageaient seuls et qui avaient l’air très contents de leur sort. Mais aucun n’avait rencontré les tribus qui nous ont laissé un tel souvenir. De plus, ils ont pris le risque, entre autres, de se trouver en panne de voiture, seuls, sans aide immédiate et sans logement.
- En ce qui concerne le type et le niveau de logement à retenir, il nous a semblé qu’il fallait certes un confort et une qualité de service de base ; nous étions trop contents le soir de pouvoir nous doucher dans une chambre coquette et propre. Mais il n’est pas utile d’opter pour des Lodges de luxe, très couteux. Onguma et Sossusvlei n’ont pas retenu notre préférence, nous avons été plus attachés par l’authenticité que nous avons trouvée à Nhoma Camp et Hobatere.
- La Namibie est –elle le pays à visiter ? Oui, si l’on aime contempler les paysages plutôt que les temples, les colonnes et les pyramides. Oui, si la vue des animaux en liberté vous enchante plus que les visites guidées ou les attractions organisées. Oui, si vous préférez le calme et la sérénité de la nuit qui tombe sur les larges plaines sans habitation plutôt que les rythmes effrénés des night-clubs.
Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui a été en Namibie et qui réponde à la question : alors, comment c’était ? par un simple : pas mal ! Tous sont enthousiasmés et ne rêvent que d’y retourner, même ceux qui, contrairement à moi, ont visité bien des pays d’Asie ou d’Amérique.
- Enfin, la question qu’il faut se poser est de savoir si le tourisme est bénéfique pour la Namibie ? Il l’est dans la mesure où il constitue un revenu économique important pour le pays qui n’a pour principale richesse que ses mines diamantifères et l’élevage.
Mais, on a déjà vu chez les Bushmen que l’attrait du touriste commence à entailler quelques unes de leurs traditions et même de leurs valeurs – le partage- . Notre crainte serait, si nous retournons un jour dans leur village, que nous ayons à faire la file, pour payer notre ticket d’entrée, comme le font les Massai au Kenya.
Il est indéniable que nous pouvons leur apporter des éléments positifs. Mais les Namibiens sauront-ils trouver le bon dosage qui leur garantirait une évolution économique et sociale sans détruire les fondements de leur civilisation ? Et nous, saurons nous adopter un comportement digne et respectueux pour ce qui est si différent de notre mode de vie mais pas moins valeureux ?
Comme les grands auteurs !! j’adresse mes remerciements à Fernand qui m’a ouvert de nouvelles perspectives et qui a été mon lecteur et correcteur , à Luigi et Patricia qui nous ont envoyé des photos- en particulier des lions, à Jan qui a pris des photos quand Fernand était en panne de piles et qui surtout nous a fait aimé son pays. Nous nous sommes documentés pendant nos préparatifs en particulier dans le guide NAMIBIE dans la Bibliothèque du Voyageur publié chez Gallimard.
Renée METZGER . Décembre 2007.


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